Textes Fondateurs
DU CONCEPT ET DU DISPOSITIF COCON3S
L’association La TRAME a été créée à Avignon après la canicule de 2003, pour initier des dispositifs et des actions qui préviennent les risques individuels liés à la solitude.
1 - LE CONTEXTE DU SENIOR EN SOLO:
*La famille est aujourd’hui éclatée, satellisée, et même si elle reste une valeur sûre et qu’elle diffuse une chaleur relationnelle, elle ne peut plus remplir son rôle de contenant sécurisant quand la perspective de la vieillesse s’annonce à l’horizon inexorable.
*Les amis restent une valeur sûre, mais ils ont leur propre vie à gérer avec les divorces, les nouveaux couples, les familles recomposées, les parents en grand âge, les petits enfants.
*Les activités possibles des seniors sont multiples, intéressantes, parfois joyeuses, mais après il rentre seul à la maison, et même s’il se sent bien ainsi, il est inquiet pour l’avenir.
*La situation économique des seniors en solo n’est pas toujours facile et est parfois très difficile.
2 - LES PROPOSITIONS DE LA TRAME :
Créer une alternative, les Cocon3S
1- à la principale contradiction des seniors en 2007 d’une part : Leur souhait, pour l’avenir, de garder la main sur leur vie, de ne pas dépendre de leurs enfants, ne pas être un poids pour eux, ne pas encombrer leur vie quotidienne, ne pas les culpabiliser de ne pouvoir accueillir.
Leur angoisse de vieillir, de vieillir mal, de vieillir seul, même dans leur propre maison, sans projet ni rêve de vie, sans un entourage chaleureux autre que les voisins, sans perspective d’aide autre qu’institutionnelle ;
Leur peur du long terme ; leur peur de la maison de retraite.
2- à la vie chère en solo d’autre part :Il est plus facile de partager tous les frais et les équipements à 3, 4, 6 ou 8 ! Il reste ainsi à chacun de quoi sortir ou voyager ou gâter ses petits enfants, ou ……etc
En effet, la TRAME propose d’aider à créer des unités de vie collective de 4 à 8 personnes :
les CoconSolidaireSeniorSolos ou « Cocon3S » pour des seniors
- ne souhaitant pas vivre seuls leurs nombreux et futurs « vieux » jours,
- intéressés par le partage des frais …. comme celui des projets,
- et prêts à donner d’eux-mêmes pour recevoir des autres, pour vivre les joies, résoudre les problèmes, se soutenir fraternellement en cas de besoin.
3 - LES VALEURS HUMANISTES QUI SOUTENDENT CETTE PROPOSITION
Pourquoi ne pas partir des valeurs républicaines ?
- Liberté Chacun éprouve le besoin de rester libre, sans entrave imposée autre que celle qu’il choisit, vis-à-vis du groupe de vie comme de sa famille.
- Egalité Chacun doit se sentir à sa place, important et reconnu dans le groupe de vie, quelle que soit sa situation économique et son état de santé.
- Fraternité L’accueil à l’autre, le respect de l’autre, le soutien, le partage des idées, des projets, des joies, comme celui des peines, des problèmes ou des tâches.
Il faut ajouter l’honnêteté au sens propre et celle intellectuelle, la tolérance, l’ouverture d’esprit, la franchise, la conscience de sa propre responsabilité, la communication, l’optimisme ou l’espoir dans la vie et dans l’humain, la conviction qu’on est meilleur humainement, et plus inventif, à plusieurs que tout seul.
4- CHARTE DE FONCTIONNEMENT DU DISPOSITIF
Ces petits collectifs de vie, les Cocon3S , fonctionneront en autogestion en toute autonomie, et leurs membres, inscrits au dispositif Cocon3S, en lien avec l’association La TRAME, respecteront les objectifs annoncés, la charte et ses valeurs.
Des unités de vie (maisons, appartements, …) seront proposées aux occupants potentiels soit par une SCI, soit par un adhérent, soit par une collectivité, soit louées dans le parc privé par ces derniers.
Les propriétaires qui proposent des biens aux Cocon3s, bénéficient d’un label « Cocon3S » en fonction de critères définis ; Ils doivent adhérer au dispositif, s’engager pour eux-mêmes sur une location longue durée de ce bien, afin de préserver les personnes, qui deviendront âgées, de tout déménagement intempestif, même s’ils ne peuvent s’engager pour leurs héritiers. Ils doivent également accepter les clauses de cooptation et de cogestion en vigueur dans les cocon3s.
S’ils sont propriétaires occupants, ils doivent se positionner au même niveau que les autres occupants, n’ayant pas d’autres prérogatives que celles des autres et notamment aucune autorité spécifique à leur statut. Seuls les baux font loi et devront être explicites et respectés.
Chaque occupant devra jouir d’au moins une pièce personnelle suffisamment spacieuse ou de deux pièces plus petites, où il pourra s’il le désire mettre ses propres meubles. L’idéal est qu’il jouisse de sanitaires privés.
Il serait utile dans chaque unité, de prévoir une chambre d’amis vide (bien que ce soit difficile économiquement) ou un bureau ou un canapé-lit, pour héberger une visite familiale ou amicale. Il faudra soulever le cas des visites à la création de l’unité.
L’occupant aura la jouissance des pièces communes et des équipements au même titre que les autres.
Il pourra apporter des équipements complémentaires personnels pour lui ou les mettre à disposition de la collectivité (meubles, vaisselle, électroménager, matériel audio et vidéo ou informatique ou pour le jardinage …etc) ; Les réparations ou renouvellements seront à la charge du collectif.
Chaque occupant paiera sa cote part de loyer propre et de charges (principe des colocations); il devra être tenu compte de plusieurs critères, dont ceux de la taille et de l’équipement de sa partie privative. Des baux et des quittances individuelles par lot devront permettre que des occupants touchent les aides au logement auxquelles ils ont droit et sollicitent les organismes de cautionnement.
Pour faciliter la vie commune et la convivialité, le groupe de vie s’organisera collégialement et établira des règles de fonctionnement.
La cooptation pourra être un choix sur des critères à définir en toute transparence et à discuter.
Il s’agira d’insister au départ sur le respect réciproque des comportements et habitudes de chacun, en enjoignant chacun à annoncer à tous ses propres dadas, ses incontournables, et à être prêt à tenir compte des réactions et des besoins des autres, à faire quelques efforts. Il vaut mieux ne découvrir après que des détails faciles à traiter.
Il faudra gérer les difficultés de vie, ou les exaspérations, au fur et à mesure qu’elles arrivent par la parole collective, en évitant ainsi la multiplication des colères intempestives même si celles-ci sont parfois salutaires.
Si la vie en petit groupe arrive à générer pour chacun plus de bénéfices que de désagréments alors ce sera gagné.
Les personnes à l’initiative de la création d’une unité pourront être accompagnées par l’association pour aider à la mise en place.
Les intervenants de l’association La Trame pourront aussi aider à la gestion des conflits.
Collégialité :
Il est préconisé de créer une association de gestion de chaque cocon3s ( l’AGEC de …..) entre les occupants du cocon3s . Ainsi le bureau de cette association sera, à tour de rôle, garant pour un an, du fonctionnement collectif, et chargé de la gestion comptable.
Il pourra être chargé de la signature du bail avec le propriétaire loueur (bail civil de 6ans renouvelable) et de l’établissement des baux individuels des occupants, du recueil des paiements mensuels des occupants pour l’hébergement (loyers) d’une part et pour les frais généraux (électricité, gaz, eau, téléphone, ADSL, télévision, impôts locaux, provision pour départ anticipé, pour réparations ou changements d’équipements, abonnements divers) d’autre part.
Il tiendra des registres papier ou informatisés en toute transparence. Il assurera l’envoi des paiements des différents postes (loyer et frais généraux) et le recueil et le classement des factures d’achats pour la collectivité. Un compte postal ou bancaire pourra être ouvert à deux noms pour faciliter les paiements par chèque et/ou avec une carte de paiement.
Pour faciliter la vie au quotidien, les comptes et les achats de denrées, une caisse commune en argent liquide pourra fonctionner chaque mois.
5 - Le rôle de l’association La TRAME
L’association est dirigée par un bureau composé de trois personnes :
-Christiane BAUMELLE, psychosociologue retraitée, membre fondateur et Présidente
- Philippe RICHARD, professeur des écoles retraité, trésorier
-Lucette OGE, intervenante à domicile, secrétaire
Ses membres sont des professionnels de la psychologie, de la sociologie et des acteurs sociaux expérimentés, souvent encore en activité.
Son rôle est de créer puis développer et suivre des actions et des dispositifs.
Chaque dispositif a vocation à voler de ses propres ailes dès qu’il est solide et à créer sa propre association pour continuer son développement.
La Trame développera le concept et les unités Cocon3S dans toute la France,
Elle fera fonctionner ces unités en réseau,
Elle facilitera l’adhésion de seniors à des unités et la création d’unités nouvelles par un site internet informatif, convivial et gratuit sur , www.cocon3s.fr , et son forum sur www.cocon3s.com ,
Elle organisera des réunions, des rapprochements, des échanges, des essais, des voyages …etc annoncés dans le site.
Elle pourra intervenir aussi dans la résolution des problèmes de toute nature.
L’association choisira des associations partenaires et des sites complémentaires de son action, qui favoriseront son développement et son offre d’activités et de loisirs.
L’adhésion à l’association n’est pas systématique et doit intéresser exclusivement, en référence à ses statuts, les personnes qui de par leurs expériences et références professionnelles peuvent participer à la création et au développement de concepts et d’actions nouvelles. La trame se réserve le droit d’accepter ou non les postulants à l’adhésion.
6 - Le financement du dispositif des Cocon3S
Comme c’est le cas pour tout dispositif mis en place, Le financement du dispositif Cocon3S est autonome.
Il y a une inscription annuelle individuelle au dispositif Cocon3S qui peut être prise sous trois formes :
- Le soutien simple sans projet personnel immédiat avec versement libre,
- ou l’entrée dans un projet de cocon3s à +ou- longue échéance avec un coût de 48€ /an ou 24€ à partir de juillet
- ou la proposition d’un bien personnel à la colocation pour les cocon3s avec un coût double de 96€ ou 48€ à partir de juillet.
Chaque unité de cocon3s en tant que telle versera une participation annuelle de 10€ / occupant / an.
Ces participations annuelles seront appelées en janvier.
Elles serviront notamment à faire fonctionner le site et l’organisation du développement et des réunions en régions par les coordonnateurs locaux et nationaux.
Chaque inscription individuelle réservera 50% soit 24€ /an, pour l’échelon local, qui sera géré par le coordonnateur local.
Elles pourront être revues à la baisse dès qu’on sera suffisamment nombreux.Les manifestations organisées nécessiteront une participation aux frais si elle est justifiée.
Partager,des habitations par économie mais aussi pour s’ouvrir à des contacts nouveaux, deux besoins qui deviennent aussi importants l’un que l’autre et pour des populations à priori aux antipodes.
En effet, le concept et le dispositif, mis en place par l’association La TRAME,
les colocations solidaires pour seniors vivant en solo : Cocon3S,
se positionnent en écho à une peur exprimée, du vieillissement en solitaire, vécu de plus comme inutile et asséchant.
Deux mois après le lancement du dispositif, le projet intéresse aujourd’hui, 130 seniors dans une large fourchette de 46 à 80 ans, la plus grande partie se situant autour de 60 ans, les plus anxieux de l’avenir n’étant pas les plus âgés !
Les motivations majoritairement annoncées sont bien plus sur l’ouverture aux autres, le relationnel, que l’économique, et pourtant bon nombre des seniors ont des revenus très justes. La souffrance vient plus de l’isolement que du manque d’argent, même si les deux peuvent être liés.
Les intéressés peuvent pourtant à juste titre redouter d’être entraînés à plus de dépenses dans une organisation collective, même si celle-ci est structurellement source d’économies majeures.
Le projet a été retenu aussi par des très jeunes gens de statut étudiant ou des trentenaires en reconversion ou en formation professionnelle, pour son extension à la colocation intergénérationnelle qui leur permettrait à la fois d’accompagner une personne très âgée pour rompre son isolement, et d’échanger des services : hébergement à un coût léger contre aides diverses.
Le site internet des Cocon3S www.cocon3s.fr et son forum sur wwww.cocon3s.com pour faciliter les contacts, installent une bourse des annonces de colocation solidaires seniors, offre et recherche, dans des cocoon3s, mais aussi des annonces de colocation solidaires intergénérationnelles pour que des jeunes actifs avec ou sans enfant, puissent loger chez des personnes âgées peu mobiles.
Essayons de faciliter le développement de ce service en établissant des liens divers avec des sites internet partenaires, et en en parlant autour de nous.
La Présidente de La TRAME Christiane BAUMELLE
Proposé par Christiane Baumelle à « Psychanalyse en ligne »
Le vieillissement.
Nous sommes de plus en plus nombreux à « prendre de l’âge » sans effets négatifs trop visibles mais nous ne sommes pas dupes. L’âge est là, avec sa sensation de fatigue plus fréquente, avec l’anxiété que, trop rapidement, tout devienne difficile, voire impossible.
Nous sommes tentés de jouer à l’autruche et d’en profiter au maximum tant que c’est possible, sans rien changer.
Nous pouvons aussi organiser notre vie pour que la suite, probablement plus difficile, s’organise en douceur, en acceptation et en gestion progressive des aléas.
Ce serait en quelque sorte « être en projet » concernant l’organisation de cette phase nouvelle de notre vie.
Certains organisent bien leurs obsèques !! Alors pourquoi ne pas plutôt s’occuper d’organiser notre « vieillissement », qui peut être long, pour qu’il se passe dans des conditions optima : chaleureuses, joyeuses, intéressantes, intelligentes, créatives.
Nous sentons bien que nous aurons besoin des autres, un jour ou l’autre, nos proches, ou d’autres, encore étrangers à notre vie actuelle ?
Soyons inventifs : Avec qui et dans quelle situation serions-nous « biens » ?
Pourquoi pas avec des gens comme nous, dans l’échange et la solidarité ? Des proches ou de nouveaux amis ? Serait-ce vraiment utopique ?
La solitude en plus .
La retraite, souvent redoutée, mais aussi attendue comme une délivrance, peut s’avérer dévastatrice de notre « moral », car cette soudaine vacuité, nous révèle notre « mal être », cette solitude à la fois intérieure et extérieure que nous transportons depuis longtemps.
Nous sommes ainsi de plus en plus nombreux à vivre seuls, alors qu’on est tous faits pour vivre avec les autres ! Certains le vivent bien, d’autres pas.
On ne connaît bien que la vie en famille, la vie en couple, qui correspondent à des statuts socialement reconnus et valorisés.
Etre « single », par veuvage ou divorce, et de plus « en retraite », est un statut, souvent subi, et dévalorisant, malgré ses dimensions de liberté et disponibilité qui peuvent être prisées !
On a parfois vécu, jeune, avec d’autres jeunes, le temps d’études, ou de stages, ou de vacances ….. C’était bien …..
Etre seul peut permettre enfin de « se réaliser » en écrivant, en peignant, en sculptant, en faisant des recherches, en se consacrant à autre chose ….
Etre seul c’est aussi faire ce qu’on veut quand on veut ! C’est la liberté avec un grand L !
Mais, quand on ne veut plus grand-chose, justement parce qu’on est trop seul ?
Mais, quand on s’étourdit du monde de la rue ou des clubs d’activités, et qu’on retarde le retour à la maison ? Par peur du vide, qui est en nous autant que dans la maison ?
Que faire ? En tous cas il faut faire quelque chose de soi et ne pas attendre tout de la baguette magique d’un gourou ou de l’histoire d’amour tout aussi magique d’un site de rencontre.
Retrouvons nos potentiels actifs et inventifs et exprimons nous ici ou ailleurs pour aller mieux et refaire des projets.
DEPUIS LEUR LANCEMENT EN JUIN 2007,
Référons nous à Régis DEBRAY (Le moment fraternité - 2009) et Jacques ATTALI (Fraternités - Une nouvelle utopie - 1999) et d’autres avant eux ; Voir le lien avec la page et vidéo de Jacques LANGUIRAND : Fraterniser, qui commente le livre de Jacques ATTALI.« Prendre du plaisir au bonheur des autres » Sera-ce sous le nom de « fraternité » la prochaine utopie qui emportera le monde du 21ème siècle ? »L’amour et l’amitié sont deux « états » dans lesquels on est vis-à-vis « d’un individu », et qui ne se distinguent l’un de l’autre que par la sexualité. On aime nos amis et on a avec chacun d’eux un contrat de fidélité implicite.La fraternité sera le souci « des autres », l’immersion dans une communauté de référence, dans laquelle on partage des valeurs, des buts ; C’est un but de civilisation comme un ordre social. C’est un sentiment plus moderne et démocratique qui nous procure aussi du plaisir car le bonheur d’autrui est nécessaire à notre propre bonheur. Régis DEBRAY dit avec Jean DANIEL dans les Débats de l’Obs : « L’amitié c’est « les Essais » de Montaigne, « parce que c’était lui, parce que c’était moi » et la fraternité c’est « Les Misérables » de Hugo « parce que c’était nous, parce que c’était eux » ; Il cite comme exemple de fraternité les déportés, les enfermés … Jean DANIEL dit que dans la fraternité il y a les notions de solidarité et responsabilité et donc de protection du groupe.Régis DEBRAY dit que la fraternité est le remède à la « fratrie étouffoir, consanguine, » non choisie , et « il y a fraternité à partir du moment où on se donne une famille élective, adoptive, qui est une famille « transnaturée » ; l’une n’étant pas exclusive de l’autre bien sûr. « Une fraternité est une affaire de culture, une décision de conscience, un choix précaire et difficile ; Cela doit s’entretenir par des fêtes, du décorum, des repas pris en commun. C’est parce que la fraternité relève de l’exploit qu’elle doit se cultiver comme on le fait d’une langue étrangère.»
Ceci explique cela.
Dans les projets de création de Cocon3S, les « rêves individuels », masculins comme féminins, à la lumière des expériences de vie individuelles, sont toujours sur « amour, amitié ».
Or chacun a connu un certain nombre d’amours, et on a un certain nombre d’amis, et ces nombres ne sont pas grands.
Trouver un nouvel amour ou une nouvelle amitié, sera possible dans les Cocon3S, mais aussi difficile qu’ailleurs !
Dans les Cocon3S on est rassemblés sur des valeurs de partage, d’échange, de respect, de solidarité, donc de fraternité, on crée une « famille élective » et on a en prime la fin de la solitude asséchante et le plaisir de faire des choses en groupe !
Mais tout ça c’est « précaire et difficile », ça se construit et ça se gagne et ça s’entretient pour que ça dure ! Les Allemands ont mis 3 ans à construire la 1ere colocation ! On va arriver à 2 ans en novembre 2009.
L’écart entre rêve d’amour/amitié et recherche d’un groupe fraternel réel explique la longueur du temps de latence que nous observons, et qui nous décourage parfois, nous les organisateurs nationaux ou régionaux.On est sur la création d’un mouvement d’organisation sociale qui permettra de développer la fraternité entre les seniors par des modes de vie plus conviviaux et solidaires.
Cela peut ne pas être une utopie ! On y croit ! Bien que « la fraternité relève de l’exploit ! »
Dépassons nous donc !
On est plusieurs à avoir compris tout cela.
Mais on n’est pas encore assez nombreux, à s’intéresser à d’autres que nous-mêmes, à se donner les moyens de cette création, en allant aux réunions et en y participant activement pour nous même mais aussi pour les autres, en permettant que les choses avancent dans les régions.
La réunion n’est pas « un marché » où on choisit des personnes éventuelles comme on choisirait des fruits ! L’image n’est pas du tout irréelle !
Je sens de plus en plus de personnes, notamment dans les nouveaux arrivés, aptes à faire ce chemin difficile, ce qui est un signe positif.
Se sentir en accord avec le concept, évaluer le chemin à parcourir, évaluer le temps nécessaire pour les tâches à accomplir, se décider et commencer à agir.
Gardons le moral nous allons y arriver.
Christiane Baumelle
En étant enfants nous avons tous vécu dans des familles, des fratries, avec plus ou moins de conflits, plus ou moins de bonheur bien sûr, mais en tous cas avec des bonheurs !
Nous sommes nombreux aussi à avoir connu des vacances avec la famille agrandie des oncles, cousins, chez une grand-mère par exemple, alors que d’autres connaissaient la colonie de vacances ou des vacances collectives en camping ou en clubs avec les collègues du papa !
Nous avons donc fait l’expérience à la fois de l’extrème promiscuité, de l’envahissement, d’un tout petit espace vital personnel, parfois réduit au lit, et en contre partie de la chaleur et de la vie que représentait ce groupe ; L’expérience des colères et disputes et aussi des crises de rire et des imprévus apportés par l’un ou l’autre ; Mais surtout l’expérience de la liberté qu’apportait aussi la vie en groupe, dans laquelle on n’est « qu’un » parmi d’autres, « un » qui peut s’isoler, s’échapper, penser à autre chose sans que rien ne se passe de grave.
Je fais l’hypothèse que nous avons oublié les bonnes choses et gardé en mémoire les situations plus négatives à éviter et même à fuir : tels l’envahissement des autres, l’obligation de supporter, le manque de temps et d’espace personnel, le partage obligatoire d’objets, le manque de liberté.
Car d’où nous vient donc cette précipitation à plonger dans l’individualisme et l’égoïsme, qui à priori sont asséchants, peu satisfaisants, vides, sans surprises ?
Moi-même qui suis convaincue et expérimentée en la matière, je dois parfois me faire une violence dans ma tête car en effet, je me sens souvent bien chez moi toute seule !
Souvent mais pas toujours !
A la fin de l’adolescence, des écoles, des études, lors du départ dans la vie d’adulte, il a été jouissif de se sentir enfin libre et autonome, responsable de soi.
Ceux qui se sont mariés très jeunes et qui ont eu des enfants rapidement, pris dans leur bonheur familial, n’ont pas eu le temps de profiter de cette liberté nouvelle où rien n’est décidé pour vous, où tout semble ouvert, même le choix du travail. (C’était notre veine !)
Les seniors de ma génération sont nombreux sur ce schéma, surtout des femmes, notamment celles qui ont choisi, souvent inconsciemment, le mariage économiquement confortable avec la vie au foyer, par manque de modèle autre ou de personnalité.
Aujourd’hui un grand nombre d’entre eux sont veufs (ves) ou divorcés (es).
Ils ont découvert sur le tard soit la liberté, l’ouverture, soit le désarroi et la peur des autres, des différents.
Les premiers sont gagnants les seconds sont victimes.
Les vies réelles sont moins schématiques bien sûr, et des tas de facteurs interviennent pour soit corriger soit aggraver les données de départ, notamment les facteurs liés à la personnalité.
En tous cas, au seuil du vieillissement, là où il faudrait trier les informations que nous a données notre vie, pour organiser un futur optimisé, ce sont les démons, les peurs de notre enfance, de notre vie de famille, que sais-je ? … qui nous inhibent pour choisir, clairement et en confiance, un modèle en rupture avec le passé, mais qui répond à nos besoins de chaleur humaine, d’échanges, de projets, de joie de vivre, de solidarité.
Alors il faut que nous trouvions des stratagèmes pour dédramatiser les représentations que certains ont de la vie en communauté.
Ceux qui l’ont vécue, même si cela n’a pas été toujours rose, en ont tous la nostalgie.
Ils sont idéalistes et n’aspirent qu’à retrouver ce type de vie, plus vivante qu’un autre.
Les essais de vie ensemble dans une grande maison, permettent de mesurer comment chacun se positionne dans le groupe, comment se répartissent les choses, qu’est ce qui est mieux, qu’est-ce qui est moins bien, comment on se libère ou comment on se referme.
Après, à partir de situations concrètes vécues, il est plus facile d’en parler et de relativiser les idées et réserves qu’on avait.
On peut penser qu’on sera mieux armés que les communautés qui ont fleuri après 1968, car on n’est pas au même stade de la vie et on a peut être pris un peu de plomb dans l’aile.
On a acquis des méthodes aussi. On part d’une charte, bien discutée en amont et sur laquelle on se met d’accord. On sait ce qu’on veut garder et ce qu’on veut gagner, et aussi ce qu’on ne veut pas.
Acceptons de chasser nos peurs, et soyons donc prêts à tenter des expériences variées avant de sauter le pas !
Christiane Baumelle
"cocon3s" cela veut dire "cooptation, colocation, cogestion, convivialité, solidarité, senior solos" L'association LA TRAME, basée dans le Gard, qui oeuvre pour la prévention des risques individuels liés à la solitude, a lancé en juin 2007 ce concept de la colocation solidaire entre séniors seuls.
Il est douloureusement inutile de vieillir seul et de s'angoisser de n'être pas secouru s'il arrive quelquechose. Il est frappant que cette angoisse habite bien peu les personnes très âgées et habituées à être seules ! Elle habite les seniors encore jeunes et alertes, très nombreux dans les papyboumeurs, pour qui cet avenir solitaire est imprévu et inacceptable.
L'idée lancée en juin sans fanfare a quand même fait grand bruit dans le sud de la France mais aussi à La Rochelle, Grenoble, Arcachon, et d'autres coins bien plus inaccessibles.
140 personnes se déclarent partantes, ........ mais elles attendent pour certaines qu'on leur propose une place ! L'offre correspond à un concept auquel il s'agit d'adhérer : la solidarité dans le groupe des colocataires;
On l'a vue dans le film l'auberge espagnole, elle arrive sans crier gare, et elle habite les êtres qui vivent ensemble, naturellement, comme dans une fratrie : On a beau se disputer, discuter, s'amuser, se contrer, quand un problème arrive à l'un, les autres sont là, prêts à l'aider, et de façon évidente.
Mais pour cela il faut rentrer dans le groupe avec ses attentes, ses habitudes, son écoute des autres, une envie que ça marche, et abandonner son égoïsme forcené pour tenir compte des autres afin qu'eux tiennent compte de vous.
Il faut être convaincu qu'on sera gagnant : rentrer dans une maison pleine plutôt que vide, être attendu, être important pour les autres, préparer un repas et le manger ensemble, n'aller seul au cinéma qu'exceptionnellement,.......mais continuer à être libre de ses actes !
Si la motivation n'est qu'économique cela ne peut marcher. Par chance l'économique n'est pas la première motivation car c'est la solitude qui fait le plus souffrir, en rappelant que le temps passe et devient du temps perdu ! L'opportunité offerte est de réinventer sa vie sous une forme nouvelle qui permette de passer du bon temps d'abord, et de gérer l'avenir intelligemment.
Il semble difficile de sauter le pas, " cela va trop vite !" quand il s'agit de retenir une maison idéale sur un coup de coeur ! Poutant économiquement parfaite ! 300€ de loyer / personne maximum ! Cela prouve qu'il faut prendre le temps de faire du ménage dans sa tête, posément, et ensuite de prendre sa décision . Il faut aussi beaucoup se rencontrer, se réunir pour mettre tout sur la table, et prendre l'habitude de procéder ainsi; Car c'est comme un chantier, on construit un cocon3s à plusieurs pour y vivre bien, il faut des réunions de chantier ou on apprend les uns des autres. C'est aini que les adhérents en cocon3s deviendront des expert en ananlyse collective de situation ! Soyons donc patients, devenons très nombreux pour que les affinités se rencontrent et que des cocon3s naissent
Lecteurs , allez sur notre site, www.cocon3s.fr , et réagissez, parlez en autour de vous et contactez nous .
H -
Nous sommes tous nés dans un collectif : la famille, même réduite à une mère ou un père, même à un orphelinat, est un système de relations affectives éducatives sécurisantes qui sont notre référence initiale. Un système dans lequel on existe et on a sa place, dans lequel on grandit et on attend de nous quelque chose, comme un renvoi d’amour, de respect, ou une performance.
Même si on a connu dans notre enfance des moments de solitude, on n’est pas vraiment préparés à la vraie solitude qui ne se rompt que si on sort de la maison et on va vers les autres.
Alors je crois que beaucoup de seniors, anciennement très actifs dans leur milieu professionnel normalement pourvoyeur de relations, découvrent à la retraite le vide de cette solitude conjoncturelle qu’ils croyaient avoir apprivoisée.
Une fois passée la boulimie d’activités sportives, culturelles, etc, ou de disponibilité pour les petits enfants, …. qui grandissent et s’éloignent ….
Les Cocon3S apparaissent comme une solution miracle …. Mais comment faire ? Comment ne pas se tromper ? C’est simple, surtout si on accepte une petite dose de risque qui donnera du piquant à l’affaire :
- Il vous faut d’abord décider de « partir en campagne » pour vous occuper de votre vie future. Elle en vaut la peine. Ne ménagez pas vos efforts !
- Vous vous tenez au courant via internet du projet national. Sur www.cocon3s.com.
- Vous allez à des réunions locales pour rencontrer les autres qui sont dans des projets plus ou moins avancés, pour échanger avec eux, pour vous rassurer, pour envisager cette formule de colocation de grandes maisons à plusieurs plus sereinement.
- Une ou deux ou trois personnes vous semblent plus sympathiques que d’autres, sont proches de vos préoccupations, ont vos goûts, ont des points communs avec vous.
N’en restez pas là, revenez, participez à des sorties, des balades, des repas, approfondissez vos inclinations initiales, invitez chez vous, allez chez les autres, parlez et écoutez, participez à des essais de vie commune … Quand un noyau se dégage il se construit et se crée une identité sur un projet plus précis qui prend forme et dans lequel chacun prend sa place et collabore.
Après cela marche tout seul et vous êtes heureux d’être en projet car c’est la vie qui reprend le dessus.
Pourtant beaucoup font un pas en avant et deux en arrière par réflexe défensif au début ;
On est enthousiaste et aussi prudent, deux attitudes antagonistes qui risquent de s’annuler l’une l’autre devant la première peur ou difficulté.
La peur de l’engagement aussi.
Pourtant, s’inscrire au dispositif Cocon3S c’est poser un acte, qui est la concrétisation de votre décision de vous occuper de votre vie, et le point de départ de votre projet. C’est un acte fondateur donc symbolique, et il n’est pas bien contraignant :
Vous pouvez cotiser à votre guise selon 3 scénarios : Libre, 48€/an, 96€/an, et en 1, 2, ou3 chèques! Qui dit mieux ?
Des bénévoles se décarcassent pour contacter, informer, expliquer, copier des documents, organiser des réunions, visiter des lieux, et donc donnent de leur temps et de leur argent ;
Tout cela mérite un certain respect et un geste solidaire !
Ce geste, ou son absence, donne à voir votre capacité à vivre en cocon3s et à « partager » la vie, les projets, les joies et les peines.
On est dans le « donner-recevoir » dès le début.
Ceux qui ne sont que sur le recevoir, et ils sont trop nombreux !, n’auront pas leur place dans les Cocon3S car ils ne seront pas choisis par les autres ! C’est encore très simple et naturel.
Je rêve que beaucoup de seniors se réveillent de leur torpeur faite d’habitudes, et de circuits courts sans surprises, qu’ils progressent en s’intéressant un peu moins à eux, et plus aux autres, en redécouvrant ainsi la fraternité qui est source de plus de satisfactions personnelles et collectives.
Christiane Baumelle
LA COLOCATION SENIOR EST UNE IDEE PÊCHEE CHEZ LES JEUNES
AVEC EN PRIME LA SOLIDARITE,
Face à un temps qui passe et où rien ne s'améliore. L'idée séduit, la maison est fantastique, le partage des joies, des sorties, des points de vue, des coûts aussi, mais, soudain on hésite, comment se décider, lâcher son appartement, une partie de ses meubles, et si cela ne marchait pas ? ......
Il faut savoir plonger et nager ! .....Un site a été créé www.cocon3s.fr avec son forum.
"cocon3s" cela veut dire "cooptation, colocation, cogestion, convivialité,
solidarité, senior solos"
L'association LA TRAME, basée dans le Gard, qui oeuvre pour la prévention des risques individuels liés à la solitude, a lancé en juin 2007 ce concept de la colocation solidaire entre séniors seuls.
Il est douloureusement inutile de vieillir seul et de s'angoisser de n'être pas secouru s'il arrive quelque chose.
Il est frappant que cette angoisse habite bien peu les personnes très âgées et habituées à être seules ! Elle habite les seniors encore jeunes et alertes, très nombreux dans les papy-boumeurs, pour qui cet avenir solitaire est imprévu et inacceptable.
L'idée lancée en juin sans fanfare a quand même fait grand bruit dans le sud de la France mais aussi à La Rochelle, Grenoble, Arcachon, et d'autres coins bien plus inaccessibles. 140 personnes se déclarent partantes, ........ mais elles attendent pour certaines qu'on leur propose une place !
L'offre correspond à un concept auquel il s'agit d'adhérer : la solidarité dans le groupe des colocataires; On l'a vue dans le film l'auberge espagnole, elle arrive sans crier gare, et elle habite les êtres qui vivent ensemble, naturellement, comme dans une fratrie : On a beau se disputer, discuter, s'amuser, se contrer, quand un problème arrive à l'un, les autres sont là, prêts à l'aider, et de façon évidente.
Mais pour cela il faut rentrer dans le groupe avec ses attentes, ses habitudes, son écoute des autres, une envie que ça marche, et abandonner son égoïsme forcené pour tenir compte des autres afin qu'eux tiennent compte de vous.
Il faut être convaincu qu'on sera gagnant : rentrer dans une maison pleine plutôt que vide, être attendu, être important pour les autres, préparer un repas et le manger ensemble, n'aller seul au cinéma qu'exceptionnellement,.......mais continuer à être libre de ses actes !
Si la motivation n'est qu'économique cela ne peut marcher. Par chance l'économique n'est pas la première motivation car c'est la solitude qui fait le plus souffrir, en rappelant que le temps passe et devient du temps perdu !
L'opportunité offerte est de réinventer sa vie sous une forme nouvelle qui permette de passer du bon temps d'abord, et de gérer l'avenir intelligemment.
Il semble difficile de sauter le pas, " cela va trop vite !" quand il s'agit de retenir une maison idéale sur un coup de coeur ! Pourtant économiquement parfaite! 300€ de loyer / personne maximum !
Cela prouve qu'il faut prendre le temps de faire du ménage dans sa tête, posément, et ensuite de prendre sa décision .
Il faut aussi beaucoup se rencontrer, se réunir pour mettre tout sur la table, et prendre l'habitude de procéder ainsi; Car c'est comme un chantier, on construit un cocon3s à plusieurs pour y vivre bien, il faut des réunions de chantier ou on apprend les uns des autres.
C'est aini que les adhérents en cocon3s deviendront des expert en analyse collective de situation ! Soyons donc patients, devenons très nombreux pour que les affinités se rencontrent et que des cocon3s naissent.
Lecteurs , allez sur notre site, www.cocon3s.fr , et réagissez, parlez en autour
de vous et contactez nous .
christiane baumelle
J - La colocation chez les seniors est une idée neuve,
Constater et dire je "je ne m'en tire pas financièrement, je m'ennuie car je vis sans projet" ne suffit pas à être prêt à sauter dans un cocon3s.
K - Comment la société traite
ses personnes âgées
Les personnes âgées, qui ont besoin des autres dans le quotidien, ne sont pas dans une situation réjouissante, sauf si elles sont "riches", car être "aisé" ne suffit même pas à la dépense.
L - Les phases de la vie et leurs modes de vie :
Enfants ou jeune parent : on vit en famille !
On sécurise ! On idéalise.
Jeunes ou SENIORS ………. On veut vivre entre amis !
On prend des risques et c’est ça vivre !
Seniors : « La coloc de potes » avec Cocon3S !
Notre vie est une suite de phases qui demandent des réponses organisationnelles différentes :
1 - enfant et ado on vit en famille chez ses parents à une place d’enfant : on prend peu de risques, on se débrouille pour être un peu acteur de ce qui nous arrive.
2 - jeune étudiant ou jeune travailleur on cherche l’autonomie, l’envol vers des expériences nouvelles, on fait des essais dans tous les domaines, on veut faire ses preuves : l’amour, les copains, la vie quotidienne, les vacances, les voyages, la vie professionnelle, le militantisme. On veut vivre intensément et libres ; on rêve éveillé en permanence même si la réalité économique nous pose des problèmes au quotidien : On découvre la prise de risque avec l’excitation et l’inquiétude qui l’accompagnent.
3 – jeune adulte on est face à la nécessaire construction de sa vie dans une cohérence ; on s’installe en couple le plus souvent, dans un logement proche du travail dès qu’on en a un, on fait des enfants, on les élève, chacun développe, comme il peut, sa carrière professionnelle ; on court beaucoup pour mener tout de front et on prend des risques tous les jours pour approcher de la réussite totale illusoire.
4 – A la cinquantaine on est un adulte installé, qui travaille ou pas c’est selon la chance, divorcé ou pas ; les enfants vivent leur vie ailleurs, on sait ce qu’on aime et ce qu’on n’aime pas ; on essaie d’organiser sa vie d’adulte dans un nid vide qui a perdu son sens, en voyant aussi beaucoup les amis, en se ménageant des zones de liberté avec des activités propres. On a toujours les mêmes rêves d’évasion, de plaisir dans la découverte, de nouvelle vie qui bouscule tout ; On retombe amoureux ou on voyage très loin, d’autres rencontrent sur internet ou zappent sur la télé avec 150 chaînes. On rêve de reprendre des risques …. Mais on a plus peur qu’avant, de se planter, de regretter ; finalement on ne sait plus ce qu’on veut vraiment, et on ne fait pas grand-chose, et on n’est pas content de nous du tout.
5 – l’âge de la retraite arrive et on ne l’a pas préparée. On l’aborde par la suractivité soudaine pour combler le vide laissé par la phase de travail arrêtée.La vie en couple s’organise autrement ; la vie en solo, et en solitude, devient plus pesante car il faut bien parler et entendre sa voix chaque jour pour sentir qu’on existe, les collègues de travail n’étant plus là pour jouer ce rôle !
L’habitat individuel devient ridicule dans une société de seniors souvent seuls : Chacun s’ennuie chez soi, perd le goût de sortir, d’inviter, ne s’autorise plus à aller voir une copine de façon impromptue. On a tout faux et on rêve de vivre avec des copains comme du temps de nos études de notre jeunesse, le temps où la vie et la joie étaient présentes partout.
Cette phase de la vie doit trouver une formule d’organisation évidente : C’est la vie en petits groupe de potes, de 4 à 8 personnes, qui se retrouvent sur des modes de vie, des goûts, des rêves, des habitudes compatibles, des idéaux proches.
C’est « la coloc de potes » avec Cocon3S
Christiane BAUMELLE 01/09/2009
Présidente de l’association La TRAME
Initiatrice de Cocon3S
M - LE « MAL - ÊTRE » ET LES COCON3S
Notre projet de colocation conviviale et solitaire attire beaucoup de personnes seules qui vivent mal cette solitude, c’est l’objectif principal des cocon3s.
Parmi elles il y en a qui véhiculent en elles depuis longtemps un « mal être » profond, qui par l’effet qu’il produit sur les autres, provoque un vide autour d’elles, ajoutant un facteur supplémentaire négatif à leur vie quotidienne.
Elles ne sont bien sûr responsables de rien mais n’ont absolument pas conscience de ce qu’elles montrent d’elles-mêmes, et sont dépitées des réactions de fuite, de distance ou de malaise qu’elles provoquent.
1 - Celles qui sont soignées, je dirais officiellement, par des vrais professionnels du soin psychiatrique ou psychologique, soit en thérapie associant ou pas une médication, sont des personnes conscientes qu’elles vont mal, ou qu’elles ont été mal et qu’elles se soignent encore. Celles-ci peuvent souvent parler aisément aux autres de leur état ou de leur vécu, et d’où elles en sont. Elles sont au clair avec elles-mêmes et la relation est assez facile.
Pour leur entrée possible en cocon3s il leur faut jouer carte sur table et annoncer la couleur, préparer les autres, à leurs sautes d’humeur par ex, afin qu’elles soient choisies par les autres colocataires potentiels en connaissance de cause. Et c’est très possible.
Les « dépressions » par exemple, prenons un mot banalisé, peuvent toucher tout le monde suite à un accroc dans la vie, mais à des degrés très différents d’une personne à l’autre, en fonction de leur propre état psychique conscient ou pas.
C’est quand ces dépressions se renouvellent avec leur cortège de visions négatives de la vie et leur mise en danger, et qu’elles nécessitent une nouvelle hospitalisation ou un nouveau traitement, que le mal être est profond et non plus conjoncturel donc lié simplement à un accroc. Ces personnes doivent dire aux autres qu’elles ne sont pas à l’abri d’une rechute, mais qu’elles peuvent aussi aller bien dans un environnement favorable.
Les personnes dites « bipolaires » qui doivent gérer étroitement avec leur médecin un dosage médicamenteux pour rester équilibrées entre l’hyper-optimisme avec son excitation et la dépression totale, sont des personnes qui parlent aussi aisément de leur état et de ses inconvénients, étant très habituées à ce que ce soit leur quotidien. Cet équilibre est toujours précaire, fragile, et il faut un environnement paisible, rassurant, sans émotions fortes ou bouleversements.
Les personnes qui ont eu un épisode alcoolique et qui sont toute leur vie en rémission mais jamais guéris, sont souvent des personnes attachantes, affectives, mais elles ont du mal, encore, à parler leur dépendance endormie, à tort par honte, peut être aussi parce qu’on leur a dit dans les groupes de suivi de ne pas dire, car c’était leur affaire à eux.
C’est dommage car là aussi on est souvent face à une problématique personnelle qui se voit, qui se sent, se devine, dans les discours évasifs, tournant autour de la réalité, et ce non-dit fait fuir car la franchise est importante dans la structuration d’un groupe.
Etre franc ne veut pas dire qu’on se dénude et qu’on devient sans défense face aux autres, comme ce peut être vécu à tort. C’est simplement dire les choses qui sont essentielles pour nous et nous définissent aussi. Les co-habitants d’un cocon3s seront solidaires et donc, les respecter, c’est dire.
2 - Le problème se situe bien plus sur les personnes qui fuient leur « mal être » chronique en le niant, et en jouant la comédie devant les autres, ou en croyant la jouer.
Le « mal être » se voit et s’entend comme le nez au milieu de la figure, surtout si vous faites partie des personnes « averties », et quand vous êtes face à ces personnes, ou en relation avec elles, vous ne pouvez que fuir et arrêter toute discussion stérile. En effet vous voyez tout de suite que la personne n’existe pas dans ce qu’elle dit ou écrit, parfois avec fougue ou véhémence ou force rires et sourires, et qu’elle se joue à elle-même la comédie, mais qu’elle en a besoin, et ne veut pas sortir du cercle infernal. Si vous voulez l’en faire sortir, même pour l’aider, ce peut être vécu comme un acte violent.
Ces personnes ne peuvent être choisies dans les cocon3s aisément, et ne résisteront pas facilement à un essai d’une semaine ; C’est bien comme ça, car il vaut mieux ne pas accumuler les handicaps au départ.
Ces personnes, qui souffrent beaucoup des effets de leur « mal-être », sont aussi la clientèle rêvée des charlatans ou opportunistes qui veulent profiter des gens mal dans leur vie. Ils sont vendeurs de stages de « bien-être » de « prises de conscience …. », se disent « thérapeutes » et, s’ils ne font aucun mal aux gens dits « banaux », ils deviennent réellement des gens néfastes s’ils n’envoient pas se soigner des personnes qu’ils repèrent comme « malades ».
Souvent ces « thérapeutes » d’occasion jouissent trop de leur toute puissante illusion de guérir et justement gardent ces clients facilement éternels. C’est trop lucratif.
En résumé, si quelqu’un a du mal à se faire coopter dans les cocon3s, il faut qu’il se pose les bonnes questions le concernant. La TRAME peut l’y aider dans un premier temps, mais aussi tous les professionnels reconnus du monde soignant.
Christiane BAUMELLE
Initiatrice de COCON3S
Psychosociologue
LETTRE AU PREMIER MINISTRE OCTOBRE 2009
Le 21/10/2009
A Monsieur le Premier Ministre
Objet : Information sur une situation qui mériterait la création d’un avantage fiscal spécifique.
J’ai créé fin 2007, avec l’association La TRAME, le concept et dispositif « Cocon3S », qui développe la colocation solidaire et conviviale de grandes habitations par des groupes de seniors seuls, souffrant d’une trop grande solitude, qui se sont cooptés, et dont le partage des coûts optimise la situation économique devenue parfois précaire.
Vous aviez été informé début 2008 par courrier de cette opération et m’aviez répondu favorablement.
Deux ans après, 800 personnes se sont déclarées fortement intéressées par ce concept, 200 se sont inscrites au dispositif afin de concrétiser cette forme d’habitat, et 4 Cocon3S existent actuellement.
Nous sommes plutôt plus rapides que les Allemands qui ont mis 3 ans avant la création de leur première unité de vie !
Les médias ont été, dès le début et sans qu’on ait besoin de les solliciter, des partenaires précieux pour l’information du public des seniors.
Nous évaluons le coût mensuel du loyer individuel dans une grande maison communautaire autour de 300€, (de 200 à 450€) selon l’équipement et la grandeur de la partie privative. Celle-ci est souvent, dans le parc immobilier traditionnel, réduite à une chambre de 12m2 avec sanitaire personnel ou partagé, ce qui n’est pas totalement satisfaisant.
Nous nous trouvons en effet confrontés à la difficulté de trouver des maisons qui présentent les équipements adéquats afin, d’une part, que chaque senior jouisse d’une surface suffisante et d’installations sanitaires dans sa partie privative, et d’autre part que les étages soient accessibles par des escaliers larges et faciles ou que des ascenseurs puissent être posés facilement.
Les propriétaires rechignent à équiper davantage leurs biens, sachant que nous voulons louer au prix du marché, compte tenu des montants de retraites des personnes intéressées.
Les constructeurs ou investisseurs intéressés nous répondent que ce n’est pas rentable de construire pour nous louer à cause de nos besoins.
Sachant que le vieillissement chez soi est le choix de la totalité de la population, que ce vieillissement dure de plus en plus longtemps, notre option semble un bon choix que l’Etat peut envisager de soutenir via les propriétaires rénovateurs, constructeurs et investisseurs.
Je me tourne donc vers vous pour vous demander de faire étudier la faisabilité d’un avantage fiscal pour les propriétaires et constructeurs qui équipent leurs habitations spécifiquement pour l’habitat de petits groupes de seniors, sans pour autant leur créer des « établissements », bien au contraire, mais leur permettant ainsi de vieillir dans un confort et une facilité de vie satisfaisants et qu’ils ont choisis.
Les normes que nous préconisons sont :
-Des habitations à proximité immédiate des villes pour l’accessibilité à tout. -Des parties habitables de plein pied sans différences de niveaux ;
-Des étages accessibles même en fauteuil ;
-Des chambres de 15m2 au moins et/ou des suites de 12 + 8 m2, une chambre d’invités au moins, chacune associée à des équipements sanitaires privatifs en sus, avec WC et salles d’eau à douche italienne de grande dimension sans aucune marche, et quelques unes équipées de kitchenette.
-Des parties communes, entrée, dégagements, buanderie, cuisine, salle à manger, salons, de dimensions généreuses.
On a évalué qu’il fallait 200m2 pour 5 personnes locataires, répartis pour moitié parties privatives et communes, avec un loyer total de 1500 à 1800€. C’est un montant courant en province. Le coût à la construction y oscille autour de 320 à 350000€ auquel s’ajoute le coût du terrain.
Avec un avantage fiscal le surcoût peut être effacé et le projet redevenir rentable.
Je souhaite vivement que vous vous intéressiez à nouveau à cette situation et qu’une solution soit trouvée rapidement.
Je vous prie de croire, Monsieur le Premier Ministre, à l’expression de ma gratitude et de mon respect.
Christiane BAUMELLE
Le « bien être » :
Un concept, éculé, qui se prend pour une science d’avenir !
Un marché ! Avec des clients nomades en recherche perpétuelle d'un mieux être et d'une réalisation personnelle.
Un débouché ! Pour les aigris du travail, en recherche d’un nouveau souffle.
Que cherchent- t- ils sans cesse ? Quelle est leur quête ? Si ce n’est le bonheur ? Qu’est ce qui pousse tant de personnes à chercher toujours de nouveaux « soins » ou engagements, de nouvelles voies ou méthodes, de découverte et de compréhension de soi et de création de soi ? Car le bout du chemin est toujours plus loin.
Quels sont les sens de cet engouement pour des approches de compréhension de soi, d'amélioration de la conscience de soi, via les énergies, le cosmos, les plantes, qui ont toutes des noms « exotiques », évocateurs pour les seuls initiés.
Que sont ces « compétences » nouvelles, à la portée de tous, qui veulent s’apparenter aux « soins », qui séduisent beaucoup de personnes en quête d’une reconnaissance « professionnelle » qu’elles n’ont jamais eue dans leurs autres rôles professionnels, et en quête de revenus aussi.
Parmi de nombreux seniors intéressés par les Cocon3S, qui ont comme point commun d‘être seuls, j’ai donc découvert une activité de recherche permanente de techniques, méthodes, théories, explications, personnes ressources, afin de progresser dans un mieux vivre avec soi même, avec sa tête et son corps, avec son ici et maintenant, et avec son futur. Ils trouvent des réponses, toujours partielles, qui laisseront la place à d’autres, après les avoir conquis comme étant les seules enfin attendues.
Cette quête incessante, du bonheur bien sûr, cache, et en tous cas, a comme fonction, de cacher, le désarroi dans lequel les a laissés leur vie.Ils manquent de mots pour exprimer leur vide intérieur, alors ils éloignent la solitude envahissante et l’angoisse qui l’accompagne, en s’intéressant de très près à un tas d’approches du « bien être ».
Ils se retrouvent dans des regroupements, stages, séminaires …etc, avec d’autres « adeptes » qui ont la même quête qu’eux, avec des chemins qui se croisent ; Ils ont le sentiment de faire partie d’un mouvement, d’un groupe, d'une recherche, et ils échangent adresses, informations, expériences, émotions, lectures, noms d’auteurs. Ils ne se croient plus seuls, et sont pris dans une mouvement mondial qu'ils choisissent comme leur nouveau projet de vie, mais ils sont simplement devenus un marché qui est entretenu et développé par des fournisseurs divers, et beaucoup d'opportunistes !
Le « bien être » est la nouvelle science mondiale qui fait écrire des tas de livres, dans toutes les langues, livres que je qualifierai d’insipides et de séducteurs, mais qui rapportent beaucoup au trio auteur-éditeur- formateur. Il a créé de nouveaux métiers et cycles de formation, très peu réglementés, pas du tout contrôlés, qui laisse la voie libre à toutes sortes de pratiques, des plus honnêtes aux plus brumeuses.
Le mythe du « soin » est présent toujours, sans qu’on ne parle jamais vraiment de « maladie ». Le potentiel de gens qui vont mal est immense. Si ces pratiques ne font pas de mal, et peuvent même faire du bien à chacun, car s'occuper de soi est toujours salutaire, elles ne font pas assez de bien à ceux qui auraient besoin de prise en charge réelle par des professionnels médecins et psychologues. On doit le leur reprocher, car peu de responsables de ces regroupements, ont le discernement ou l’honnêteté d’envoyer un participant malade se faire soigner.
Je remarque que beaucoup de ces personnes qui se disent « prestataires » sont mues par une envie de transformer leur vie, un projet de changement d’identité lié à l’acquisition de nouvelles « compétences », qu’elles soient du massage, du relationnel, du conseil, des plantes, des énergies, du travail corporel ….etc. C’est bien pour elles car être en projet c’est vivre, et faire quelque chose de sa vie. Quand à leurs clients, vont-ils mieux ?
Ces démarches nouvelles ne supportent pas la comparaison avec les références et techniques de la psychanalyse, de la psychologie, qui pourtant sont elles-mêmes en évolution permanente. On est sur des niveaux très différents et il ne s’agit pas de les opposer. Il s’agit simplement d’observer ces mouvements dans la société et de s’interroger sur leur sens.
Pourquoi donc notre société a-t-elle été happée si facilement par ces nouvelles idées, croyances et pratiques ?
Est –ce justement la baisse des croyances religieuses, autrefois imposées par les familles, qui aseptisaient efficacement les questions existentielles et maintenaient les culpabilités diverses ? Elles ne sont pas remplacées et laissent un vide et une liberté de choix vertigineuse et jouissive, qui fait la part belle aux gourous ou maîtres de tous poils.
Est-ce la rupture avec les générations précédentes qui se contentaient de « se réaliser » dans une vie programmée - enfance, mariage, enfants, vieillesse - ? A l’exception de quelques personnes célèbres parce que battantes, engagées, créatives … Nos hommes et femmes actuels, même seniors, veulent que leur vie soit intéressante, les remplissent et les valorisent jusqu’aux derniers jours.Christiane Baumelle 17/11/2009
Mis à jour (Lundi, 23 Novembre 2009 14:44)
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